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Salaire d'un cordiste : ce que gagne un professionnel des travaux sur cordes

Mis à jour le 7 min de lecture Rédaction de ATH - Travaux en Hauteur

En bref. Le salaire d'un cordiste se situe, pour huit offres sur dix publiées sur France Travail, entre 1 820 et 2 750 € bruts par mois de salaire de base. Le plancher dépend du classement : un cordiste confirmé est classé au niveau III des conventions du BTP, soit au moins 2 040 à 2 170 € bruts par mois dans le bâtiment selon la région en 2026. Les indemnités de déplacement et, en intérim, l'indemnité de fin de mission s'ajoutent à ce montant.

Les chiffres qui circulent sur le salaire d'un cordiste mélangent souvent brut et net, salaire de base et indemnités, offres d'emploi et moyennes sans méthode. Voici des repères sourcés, avec leurs limites. Sauf mention contraire, tous les montants de cette page sont bruts, avant cotisations sociales, pour un temps plein de 35 heures.

Combien gagne un cordiste débutant ?

Un cordiste débutant perçoit le plus souvent un salaire de base proche du bas de la fourchette des offres, soit autour de 1 850 à 2 100 € bruts par mois. France Travail range le métier sous le code ROME I1501, « Opérateur / Opératrice cordiste » : sur douze mois, 80 % des offres publiées affichent entre 1 820 et 2 750 € bruts mensuels.

Les offres s'adressent largement aux débutants : six sur dix demandent moins d'un an d'expérience. Le certificat de qualification professionnelle (CQP) « Travailler sur cordes, niveau initial », l'ancien CQP cordiste de niveau 1, classe son titulaire au niveau II des conventions des ouvriers du bâtiment et des travaux publics. Dans le bâtiment, le minimum de ce niveau va de 1 899 à 1 975 € bruts par mois selon la région, d'après les grilles en vigueur en 2026. Le parcours d'accès est détaillé dans la page devenir cordiste.

Quel salaire pour un cordiste confirmé ou un chef d'équipe ?

Le salaire progresse avec la qualification : le CQP de niveau confirmé, ou un niveau IRATA supérieur, fait passer le cordiste au niveau III, puis l'encadrement d'une équipe au niveau IV. Il n'existe pas de grille publique propre au métier ; les conventions collectives fixent seulement des minima.

NiveauSalaire de base brut mensuelD'où vient le chiffre
Débutant (CQP niveau initial, classé niveau II)1 850 à 2 100 €Bas des offres France Travail ; minima du bâtiment en vigueur en 2026 : 1 899 à 1 975 €
Cordiste confirmé (CQP niveau confirmé, classé niveau III position 1)2 040 à 2 750 €Plancher : minima du bâtiment en vigueur en 2026 (2 038 à 2 171 € selon la région) ; haut : offres France Travail
Chef d'équipe (niveau IV)2 290 à 3 100 €Plancher : minima du bâtiment en vigueur en 2026 au niveau IV position 1 (2 292 à 2 510 €) ; haut : offre de chef de chantier cordiste publiée sur France Travail (2 600 à 3 100 €)

Ces fourchettes sont prudentes. Les minima sont fixés région par région et changent chaque année. Dans les travaux publics, ils sont exprimés à l'année : en 2026, autour de 24 600 à 24 800 € pour le niveau II position 1, de 29 000 € pour le niveau III position 1 et de 34 000 à 34 600 € pour le niveau IV selon les régions consultées.

Avant de comparer deux propositions, demandez toujours si le montant est mensuel ou annuel, brut ou net, et s'il comprend les indemnités.

Quelle convention collective s'applique à un cordiste ?

La plupart des cordistes relèvent des conventions des ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 jusqu'à dix salariés, IDCC 1597 au-delà) ou de celle des ouvriers des travaux publics (IDCC 1702). Les CQP de la branche indiquent d'ailleurs leur classement dans ces deux conventions.

C'est l'activité principale de l'employeur qui décide, pas le métier exercé. Un cordiste salarié d'une entreprise industrielle, d'une société d'événementiel ou d'un exploitant de parc éolien relève d'un autre texte. Le nom de la convention figure sur la fiche de paie.

Quelles primes et indemnités s'ajoutent au salaire d'un cordiste ?

Les compléments les plus courants sont liés aux déplacements, pas à la hauteur. Les conventions nationales du BTP ne prévoient pas de « prime de hauteur » :

  • les indemnités de petits déplacements : indemnité de repas (le « panier »), indemnité de transport et indemnité de trajet, versées selon des zones de distance dont les montants sont fixés par accords régionaux ou départementaux ;
  • les indemnités de grand déplacement, quand le salarié ne peut pas rentrer chez lui chaque soir : elles couvrent le logement et les repas ;
  • la prime de vacances, égale à 30 % de l'indemnité de congés, versée sous condition d'heures travaillées dans le BTP ;
  • les majorations pour heures supplémentaires, travail de nuit, du dimanche ou des jours fériés ;
  • les primes propres à l'entreprise, que certains employeurs versent pour les travaux salissants ou en hauteur : leur existence et leur montant se négocient à l'embauche.

Dans le bâtiment, la convention précise que le salaire mensuel rémunère l'exercice normal du métier, sans prime conventionnelle en plus pour ces travaux. Dans les travaux publics, la convention range certains travaux parmi les travaux pénibles (échafaudages volants, montage d'échafaudages au-delà de 10 mètres, pylônes métalliques…) : ils ouvrent droit à des pauses rémunérées égales à 10 % du temps passé à ces tâches (article 3.18).

Salarié, intérimaire ou indépendant : qu'est-ce qui change ?

La plupart des cordistes sont salariés, souvent sur des contrats courts. Selon France Travail, hors intérim, plus des trois quarts des embauches du métier sont des CDD de moins d'un mois.

  • En CDI ou CDD, la rémunération suit la grille de l'entreprise, avec les indemnités conventionnelles.
  • En intérim, le Code du travail prévoit une indemnité de fin de mission égale à 10 % de la rémunération brute totale, et une indemnité de congés payés d'au moins 10 %. Le salaire doit être au moins égal à celui d'un salarié de même qualification de l'entreprise utilisatrice. Voir l'emploi et l'intérim de cordiste.
  • À son compte, le cordiste fixe ses tarifs, mais il ne peut pas travailler seul sur cordes : le Code du travail exige que les secours puissent intervenir immédiatement. Il travaille donc en binôme ou en sous-traitance, et supporte ses assurances, son matériel et ses vérifications. Aucune statistique publique ne permet de chiffrer ses revenus.

Comment augmenter son salaire de cordiste ?

Le salaire augmente surtout avec les qualifications qui rendent le cordiste autonome ou difficile à remplacer :

Trouver un employeur. Les entreprises de travaux en hauteur et les offres d'emploi sont recensées dans l'annuaire : voir les entreprises et les offres d'emploi.

Sources : France Travail, DataEmploi, fiche ROME I1501 « Opérateur / Opératrice cordiste » (offres sur douze mois au deuxième trimestre 2026, embauches du troisième trimestre 2025) ; CPNE conjointes du bâtiment et des travaux publics, fiches d'identité des CQP « Travailler sur cordes » niveaux initial et confirmé ; grilles régionales 2026 des salaires minima des ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 et 1597) et des travaux publics (IDCC 1702), relevées sur les accords publiés ; Code du travail numérique, primes prévues par les conventions 1597 et 1702 ; convention collective nationale des ouvriers des travaux publics du 15 décembre 1992, article 3.18 (Légifrance) ; Code du travail, articles L. 1251-18, L. 1251-19, L. 1251-32 et R. 4323-89 (Légifrance) ; offres d'emploi publiées sur francetravail.fr.

Questions fréquentes

Vos questions

Un cordiste est-il payé à l'heure ?

Souvent, en intérim et sur les contrats courts : l'annonce affiche alors un taux horaire brut, auquel s'ajoutent les indemnités de déplacement.

Le panier repas est-il dû sur tous les chantiers ?

Non. Dans le BTP, l'indemnité de repas n'est pas due quand le salarié déjeune chez lui ou quand un restaurant d'entreprise lui fournit le repas.

Le certificat IRATA est-il mieux payé que le CQP ?

Aucune grille ne le dit. L'IRATA est surtout demandé dans l'industrie, l'éolien et à l'étranger ; en France, c'est le classement conventionnel qui fixe le minimum.