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EPI contre les chutes de hauteur : choisir, utiliser, faire vérifier

Mis à jour le 6 min de lecture Rédaction de ATH - Travaux en Hauteur

En bref. Un système d'arrêt des chutes associe un ancrage, un harnais antichute (EN 361) et un élément de liaison qui absorbe l'énergie : longe avec absorbeur, antichute à rappel automatique ou antichute mobile. Chaque élément porte sa norme EN. L'employeur doit faire vérifier ces équipements au moins tous les douze mois par une personne qualifiée et consigner le résultat au registre de sécurité. Un équipement qui a arrêté une chute est retiré du service.

Les équipements de protection individuelle (EPI) contre les chutes ne sont qu'un dernier recours : le Code du travail impose d'abord les protections collectives, garde-corps, filets ou plates-formes (voir la réglementation). Quand ils sont nécessaires, ils protègent contre un risque mortel. Ils relèvent à ce titre de la catégorie III du règlement européen sur les EPI, la plus exigeante.

De quoi se compose un système antichute ?

Un système d'arrêt des chutes compte toujours trois éléments, reliés par des connecteurs :

  1. un point d'ancrage, capable d'arrêter puis de retenir l'utilisateur ;
  2. un harnais antichute, qui tient le corps et répartit l'effort lors de l'arrêt ;
  3. un élément de liaison avec absorption d'énergie : longe munie d'un absorbeur, antichute à rappel automatique ou antichute mobile sur support.

Le Code du travail exige que ce système ne permette pas une chute libre de plus d'un mètre, ou qu'il en limite les effets dans les mêmes conditions. Il interdit aussi de laisser seul un travailleur qui l'utilise, pour qu'il puisse être secouru rapidement. L'employeur précise dans une notice les points d'ancrage et les modalités d'utilisation.

Quelles normes EN pour les EPI antichute ?

Chaque composant est certifié selon une norme européenne, reprise en France sous la forme NF EN. Les principales :

ÉquipementNormeRôle
Harnais antichuteEN 361Maintenir le corps pendant et après l'arrêt d'une chute
Ceinture et longe de maintien au travailEN 358Maintenir au poste ou retenir avant le vide, sans arrêter une chute
Ceinture à cuissardes (harnais cuissard)EN 813Position assise en suspension, utilisée sur cordes
LongeEN 354Relier le harnais à l'ancrage, 2 mètres au plus
Absorbeur d'énergieEN 355Réduire l'effort transmis au corps lors de l'arrêt
Antichute mobile sur support rigideEN 353-1Suivre l'utilisateur le long d'un rail ou d'un câble fixe, par exemple sur une échelle
Antichute mobile sur support flexibleEN 353-2Même fonction sur une corde ou un câble souple
Antichute à rappel automatiqueEN 360Enrouleur qui se bloque en cas de chute
Connecteur (mousqueton)EN 362Relier les éléments entre eux
Dispositif d'ancrageEN 795Point fixe, ancrage provisoire, ligne de vie
Bloqueur, descendeur, antichute sur corde d'assurageEN 12841Réglage de corde pour l'accès sur cordes (types A, B et C)
Corde semi-statiqueEN 1891Corde gainée à faible allongement, pour l'accès et le sauvetage

La norme EN 363 encadre l'assemblage de ces éléments en système complet. Attention : une ceinture EN 358 ou un harnais cuissard EN 813 seul ne suffit pas à arrêter une chute. Ils se combinent avec un harnais antichute, ou sont intégrés à un harnais qui porte aussi la norme EN 361.

Comment choisir ses EPI antichute ?

Le bon équipement dépend de la situation de travail, pas du catalogue. Avant de choisir, posez-vous quatre questions :

  • Le travailleur doit-il pouvoir tomber ? Si un système de retenue l'empêche d'atteindre le vide, mieux vaut la retenue que l'arrêt de chute.
  • Quel tirant d'air sous le travailleur ? L'allongement de l'absorbeur exige une hauteur libre importante, à vérifier avant l'intervention. Près du sol, un antichute à rappel automatique est souvent plus adapté qu'une longe.
  • Où est l'ancrage ? Un ancrage au-dessus de la tête réduit la hauteur de chute. Un antichute à rappel automatique ne fonctionne en général que dans un cône de 30° sous son point d'ancrage.
  • Quelle durée en suspension ? Pour un travail prolongé sur cordes, un harnais avec cuissard et une sellette rendent la position supportable.

Le confort compte : un harnais bien réglé et adapté à la morphologie est porté correctement. L'employeur doit d'ailleurs former chaque utilisateur, avec un entraînement au port si nécessaire, et renouveler cette formation aussi souvent que nécessaire (voir les formations au travail en hauteur).

Qui doit vérifier les EPI antichute et à quelle fréquence ?

Les systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur doivent avoir fait l'objet d'une vérification générale périodique depuis moins de douze mois au moment où on les utilise. C'est l'arrêté du 19 mars 1993 qui le fixe. La règle vaut pour les équipements en service comme pour ceux en stock.

  • Qui vérifie ? Une personne qualifiée, salariée de l'entreprise ou non, qui connaît ces équipements et leur réglementation. L'employeur tient la liste de ces personnes à la disposition de l'inspection du travail.
  • Que vérifie-t-on ? L'état général, les sangles, les coutures, les boucles, le fonctionnement des pièces mécaniques et les conditions de stockage.
  • Où l'écrire ? Le résultat est consigné au registre de sécurité, sur papier ou sous forme numérique.

Cette vérification annuelle ne remplace pas le contrôle visuel avant chaque utilisation, fait par l'utilisateur lui-même. Les notices de fabricants demandent parfois des vérifications plus rapprochées en usage intensif ou en milieu agressif.

Quelle est la durée de vie d'un harnais ou d'une longe ?

C'est le fabricant qui la fixe, dans la notice. Pour les équipements textiles, harnais et longes, de nombreuses notices indiquent dix ans à compter de la fabrication, à condition que les vérifications soient faites et favorables. C'est une durée maximale, pas une garantie : la vérification peut conduire à réformer un équipement bien plus tôt.

Un équipement est retiré du service sans attendre en cas de doute :

  • sangle coupée, brûlée, effilochée ou durcie ;
  • couture abîmée ou décousue ;
  • contact avec un produit chimique, un acide ou un solvant ;
  • pièce métallique déformée, corrodée ou qui ne se verrouille plus ;
  • étiquette illisible : on ne peut plus identifier la norme ni la date de fabrication.

Que faire après une chute ?

Un EPI qui a arrêté une chute doit être retiré du service immédiatement, même sans dommage visible : les fibres internes d'une sangle peuvent être altérées sans signe apparent. Un absorbeur déployé est hors d'usage. L'ancrage et le reste du système sont contrôlés par une personne compétente avant toute réutilisation.

Le plus urgent reste la victime : un travailleur suspendu inerte dans son harnais doit être dégagé rapidement. C'est pourquoi la procédure de sauvetage se prépare avant le chantier, avec le matériel adapté sur place.

Trouver du matériel. Les fabricants, distributeurs et magasins d'équipements antichute sont recensés dans l'annuaire : voir les fabricants et distributeurs et les magasins.

Sources : Code du travail, articles R. 4323-61, R. 4323-99, R. 4323-100, R. 4323-101, R. 4323-104 et R. 4323-106 (Légifrance, Code du travail numérique) ; arrêté du 19 mars 1993 fixant la liste des EPI soumis à vérifications générales périodiques ; INRS, « Équipements de protection individuelle contre les chutes de hauteur » ; OPPBTP, Prévention BTP, fiches de droit de la prévention ; DREETS Occitanie, fiche EPI ; règlement (UE) 2016/425 relatif aux EPI ; normes NF EN 353-1, 353-2, 354, 355, 358, 360, 361, 362, 363, 795, 813, 1891 et 12841 (AFNOR) ; notices de fabricants.

Questions fréquentes

Vos questions

Peut-on faire vérifier soi-même son harnais ?

Le contrôle avant usage, oui. La vérification annuelle doit être faite par une personne qualifiée, qui peut être un salarié formé de l'entreprise.

Un baudrier d'escalade convient-il pour travailler ?

Non. Au travail, il faut des EPI certifiés selon les normes professionnelles, et un harnais antichute EN 361 pour l'arrêt des chutes.

Faut-il vérifier un harnais neuf resté en stock ?

Oui. L'arrêté de 1993 vise aussi les équipements en stock : ils doivent avoir été vérifiés depuis moins de douze mois au moment de leur utilisation.